5e Rencontre Bordeaux-Fukuoka Démonstration 1er avril 2017 au Miroir d'eau à Bordeaux

C’est la troisième fois que la délégation japonaise de Fukuoka, sous la direction de Sumi Masatake, 8e dan Hanshi, offre à Bordeaux, sa ville jumelle, une démonstration d’arts martiaux : Kendo, Naginata et Iaïdo.

A la délégation japonaise, des hauts gradés français se sont associés pour offrir une démonstration en public toujours aussi impressionnante et forte. Nous les en remercions très sincèrement car c’est une expression unique d’une pratique à très haut niveau, très peu accessible en dehors du cercle fermé des adeptes des arts martiaux.
Toutes les images d'Anne-Marie Chauvergne sont ici https://goo.gl/photos/kvzDYzP7ZPXHaChBA

Cette année, ce n’est pas la chaleur de l’été et les dalles surchauffées de la fin d’une belle journée ensoleillée du mois de juillet qu’il a fallu vaincre mais la pluie, accompagnée des rafales de vent d’ouest et, un sol humide et glissant. Malgré les intempéries, et incertaine jusqu’au bout, la démonstration a finalement eu lieu pour le plus grand bonheur de tous les spectateurs et participants.

Beaucoup d’émotions dans la réalisation des kata de Kendo et de Naginata, des Kendo et Naginata Tachiai, des Ishu Tachiai. Les générations se mêlaient pour montrer que la pratique de ces arts martiaux n’est pas une simple discipline sportive et physique mais un développement spirituel et culturel, une capacité de s’harmoniser avec l’autre pour construire une vie harmonieuse permettant le développement d’une force de caractère et de meilleures qualités humaines.

Voici ce que disait Sumi senseï l’année dernière :
Autre notion importante de "savoir être" à transmettre : "À n'importe quel moment et en toutes circonstances, il faut agir sérieusement en rejetant tout esprit inutile pour de bon."
Cette disposition d'esprit est importante pour que nous ne nous trompions pas dans la réaction. L'erreur de réaction peut nous entrainer directement vers la mort. Il est indispensable de réfléchir aux efforts durs à réaliser et à ce que cela signifie dans les pratiques mentales des anciens. Les anciens cherchaient, au travers d'une pratique très dure, à atteindre l'état d'esprit vide ; il est exprimé par les mots japonais tels que : "mushin", esprit vide ;  "chôshin", esprit clair et limpide ; "munén-musô", esprit sans désir et sans pensée ; "meikyo-shisui", esprit comme un miroir reflétant l'eau calme.

Nous pouvons compléter ces notions par celles de Kenji Tokitsu dans « Le ki ou le sens du combat » :

« Nous pouvons dire que le budô est le produit d’un paradoxe réalisé par le pragmatisme des arts martiaux japonais poussé à une limite. Car, dès que l’adepte devient sensible à ce qui se passe dans son esprit, l’objectif commence, comme je viens de l’expliquer, à se déplacer vers la recherche de la qualité du combat. 
Le centre des préoccupations était auparavant : « Combien d’ennemis as-tu tués ? » 
Il devient : « Comment as-tu vaincu l’adversaire sans le tuer ? »
Le sabre, originellement destiné à tuer l’ennemi, se transforme progressivement, avec la naissance puis la stabilisation de l’idée de seme, en « sabre qui fait vivre l’homme » par le fait de renforcer la conscience du poids de l’être. L’idée du budô moderne est le développement de cette pensée.
Si nous survolons de cette manière l’évolution de la conscience d’un adepte, nous pouvons comprendre que c’est à partir du moment où il prend cosncience de l’importance de ce qui est d’ordinaire invisible que sa formation subjective commence. Ce quelque chose, la clef du budô, est le ki. 
Autrement dit, aussi longtemps qu’une personne ne réalise pas cette sensation du ki dans la pratique des arts martaiux et qu’elle ne parvient pas à construire celle-ci en remettant en cause son être, elle ne pourra pas suivre avec justesse le chemin de l’auto-formation, faute d’éclairage dans un chemin ténébreux."

J’espère que la série photos que j’ai prises lors de cette démonstration essaient de transmettre au mieux cet état d’esprit. Rien n’est plus difficile de traduire en images l’idée du budô.

Anne-Marie Chauvergne

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